Grèce

Visiter le Péloponnèse

Les colonnes du temple d’Apollon à l’ancienne Corinthe, avec l’Acrocorinthe en arrière-plan
Péloponnèse

Le Péloponnèse (Pelopónnisos) est la grande presqu’île du sud de la Grèce continentale, séparée du reste du pays par le golfe et le canal de Corinthe. À quelques heures de route d’Athènes, il concentre plusieurs des plus grands sites de la Grèce antique (Mycènes, Épidaure, Olympie), des villes et forteresses vénitiennes, byzantines et ottomanes, des montagnes et un littoral encore préservé par endroits : la région idéale pour un circuit en voiture.

Que voir dans le Péloponnèse

Le canal et l’ancienne Corinthe

Creusé à la fin du XIXe siècle, le canal de Corinthe coupe l’isthme entre deux parois rocheuses vertigineuses : la plupart des voyageurs s’y arrêtent en venant d’Athènes. Plus loin, l’ancienne Corinthe fut l’une des cités les plus puissantes de Grèce, détruite par les Romains puis refondée sous Jules César ; saint Paul y séjourna. La plupart des ruines sont d’époque romaine, à l’exception du temple d’Apollon, temple dorique du VIe siècle avant J.-C. dont plusieurs colonnes monolithes sont encore debout. Le musée du site présente sculptures, céramiques corinthiennes et mosaïques. Au-dessus, la citadelle de l’Acrocorinthe offre une vue étendue sur les deux golfes.

Mycènes

Inscrite au patrimoine mondial avec Tirynthe, voisine, Mycènes a donné son nom à la civilisation mycénienne, qui domina la Grèce à la fin de l’âge du bronze. On entre dans la citadelle, aux murs de blocs gigantesques dits « cyclopéens », par la porte des Lionnes, l’un des plus anciens monuments sculptés d’Europe. À l’intérieur, le cercle de tombes royales a livré de riches objets en or, dont le célèbre masque dit « d’Agamemnon », aujourd’hui au musée national d’Athènes. En contrebas, le trésor d’Atrée est un impressionnant tombeau à coupole. La légende rattache le site au roi Agamemnon, chef des Grecs dans l’Iliade d’Homère.

Nauplie

Au fond du golfe d’Argolide, Nauplie (Náfplio) fut la première capitale de la Grèce indépendante. C’est l’une des plus jolies villes du pays, avec ses ruelles, ses places et ses maisons à balcons, au pied de la forteresse vénitienne du Palamède, à laquelle on accède par un long escalier. Dans la baie, le petit fort de Bourtzi garde l’entrée du port. Nauplie est la base la plus pratique pour visiter l’Argolide : Mycènes, Tirynthe et Épidaure sont à moins d’une heure de route.

Épidaure

Le sanctuaire d’Asclépios, dieu de la médecine, attirait des malades de tout le monde grec. Son théâtre, construit au IVe siècle avant J.-C., est le mieux conservé de Grèce et réputé pour son acoustique exceptionnelle : un mot prononcé au centre de l’orchestre s’entend jusqu’aux derniers gradins. Il accueille chaque été des représentations de théâtre antique dans le cadre du festival d’Athènes et d’Épidaure.

Olympie

À l’ouest de la péninsule, dans une vallée boisée, Olympie fut pendant plus d’un millénaire le sanctuaire de Zeus où se tenaient tous les quatre ans les Jeux olympiques. On y voit les vestiges du temple de Zeus, qui abritait la statue d’or et d’ivoire du dieu sculptée par Phidias, l’une des Sept Merveilles du monde, ainsi que l’atelier du sculpteur, le temple d’Héra, devant lequel est allumée la flamme olympique, le gymnase et le stade, dans lequel on entre par un passage voûté. Le musée archéologique, avec les sculptures du temple de Zeus et l’Hermès de Praxitèle, mérite autant de temps que le site.

Sparte et Mystra

De la Sparte antique, rivale d’Athènes pendant la guerre du Péloponnèse, il reste peu de vestiges, mais la ville moderne, au pied du Taygète, possède un musée archéologique. À quelques kilomètres, Mystra est en revanche un site majeur : inscrite au patrimoine mondial, cette ville byzantine accrochée à une colline conserve ses palais, ses monastères et ses églises ornées de fresques, dominés par un château franc.

Monemvasia

Sur la côte sud-est, Monemvasia est une ville fortifiée bâtie sur un rocher relié au continent par une étroite chaussée. Sa ville basse, entièrement piétonne, aligne maisons de pierre et églises byzantines ; un sentier monte à la ville haute, ruinée, qui domine la mer.

Le Magne

La péninsule centrale du Magne (Máni), longtemps isolée, est une terre aride et rocheuse, connue pour ses villages de maisons-tours en pierre, comme Vathia, et pour les grottes marines de Diros, qui se visitent en barque. Au nord, le petit port de Kardamyli est un bon point de départ pour randonner dans les contreforts du Taygète.

La Messénie

Au sud-ouest, la Messénie associe des plages, des oliveraies et des forteresses vénitiennes, comme celles de Méthoni et de Koroni, et la baie de Navarin, à Pylos, théâtre d’une bataille navale décisive pour l’indépendance grecque. Plus au nord, le site de l’antique Messène est l’un des plus vastes et des mieux conservés du Péloponnèse.

Quand venir dans le Péloponnèse

Le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre-octobre) sont les meilleures saisons pour visiter les sites archéologiques et circuler, avec des températures agréables et une nature verdoyante au printemps. En juillet et août, la chaleur est forte en journée dans l’intérieur des terres : visitez les sites tôt le matin et profitez des plages l’après-midi. L’hiver est doux sur les côtes mais pluvieux, et la neige couvre les sommets ; les grands sites restent ouverts et sont peu fréquentés. Pour comparer les mois, consultez notre rubrique Quand partir en Grèce et la meilleure période pour visiter la Grèce.

Comment venir et se déplacer

  • Voiture : c’est le moyen le plus pratique. Depuis Athènes, une autoroute franchit le canal de Corinthe et dessert Tripoli, Kalamata et Patras. Le pont de Rion-Antirion relie le nord-ouest de la péninsule à la Grèce centrale, en direction de Delphes.
  • Avion : l’aéroport de Kalamata reçoit des vols directs depuis l’Europe en saison ; sinon, on arrive par l’aéroport d’Athènes.
  • Bateau : le port de Patras est relié par ferry à plusieurs ports italiens de l’Adriatique.
  • Bus : les bus régionaux (KTEL) relient Athènes aux principales villes (Nauplie, Sparte, Kalamata, Patras), mais les sites isolés sont plus difficiles d’accès sans voiture.

Combien de temps rester dans le Péloponnèse

Trois à quatre jours suffisent pour l’Argolide (Corinthe, Mycènes, Nauplie, Épidaure) et Olympie. Comptez une semaine pour ajouter Mystra, Monemvasia et le Magne, et dix jours à deux semaines pour faire le tour de la péninsule à un rythme tranquille, avec des journées de plage. Le Péloponnèse s’intègre facilement à nos itinéraires de 10 jours en Grèce et de deux semaines en Grèce.

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